4 août 2016

Tête de molaire, Claude Carré

Nelly, 14 ans, vit seule avec sa Mamy et évite de voir trop de gens. Car les gens eux, ne risquent pas de la manquer : sortie de sa mère au forceps, sa tête est toute déformée et attire bien l’attention. On l’appelle « tête de molaire ». Un jour, laborieusement, la Mamy lui annonce qu’elles partent en voyage : elles vont aller voir son père, celui qui l’a plantée quand elle était petite. Ça ne l’enchante guère Nelly. Mais quand Mamy a une idée, on ne risque pas de l’en faire changer. Nelly suit donc et débarque dans une famille où forcément on la regarde comme un extraterrestre. Et là coup de théâtre, elle apprend qu’elle va y rester dans cette famille, que la maison de Mamy va être vendue et que Mamy, elle, va se faire soigner car elle en a bien besoin. Ça commence à faire beaucoup...

► Mon avis
Un petit livre facile à lire mais avec BEAUCOUP de caractère et une fin dont je m’étonne encore. La vie de « tête de molaire » est loin d’être rose ni enjolivée, elle est livrée de façon « brute », à travers des phrases courtes, nettes, lourdes de toute la carapace que Nelly s’est formée. Il est question de suicide, de révolte, pas beaucoup d’amour ou de tendresse. Dans ce livre la vie est un combat de chaque instant et l’espoir ne se profile pas vraiment à l’horizon. Il faut y croire tout seul. Heureusement le tout ne manque pas d’humour. Chapeau pour le style très percutant. Il y a peu de pages mais elles ne sont pas là par hasard. On est à mille lieux de ce qu’on peut lire partout. C’est un peu dur à avaler mais je me réjouis que de tels livres existent.

Actes Sud junior (coll. Cactus junior), 2002, 75 pages.

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