2 août 2016

De silences et de glace, Julia Billet


Mercredi 13 décembre. Sarah apprend que son grand frère est mort. Sur le coup. On n’en saura pas plus. On devinera un accident. Sarah se retrouve seule entre ses deux parents, accablés par la douleur. Elle ne pleure pas, ne travaille plus, ne lit plus, n’a plus envie de rien. Seulement de dormir. Elle se referme petit à petit, se forme une carapace, se transforme en glaçon tandis que ses parents pleurent à n’en plus finir. L’année passe, triste, ennuyeuse.
C’est l’été, à défaut de colo – perspective intolérable – Sarah décide d’aller chez sa grand-mère. Une femme pas bavarde, les pieds sur terre. Elle jardine beaucoup, cuisine, et laisse tranquille Sarah. Un jour elle lui parle de son mari, mort des années plus tôt. Petit à petit, la parole se délie.

► Mon avis
Le sujet est bien sûr délicat : la mort d’un être cher, le deuil, le désarroi. Beaucoup de choses sont bien vues et justes : l’envie de dormir, de ne rien faire. La vie qui se déroule en dehors de soi. L’auteur reste très descriptif et ne joue pas sur le pathos : le début est par exemple in médias res, le frère meurt alors que l’on ne le connaît pas, que l’on n’y est pas attaché : c’est un pari intéressant.
Je reste cependant sur ma faim. Le début m’a déplu, la fin (l’horizon qui s’ouvre grâce à la rencontre d’un garçon) aussi. On ne sait pas trop l’âge de l’héroïne : il me semble qu’elle doit être en seconde ou quelque chose comme cela mais certaines réactions sont vraiment très enfantines. Ce mélange enfant/adulte me semble maladroit. Il y a aussi cette métaphore sur l’impression du corps qui se gèle en même temps que les sentiments, la vie. Elle est filée tout au long du livre et lui donne son titre. C’est bien lourd.

École des loisirs (Médium, "12 à 16 ans"), 2002, 110 pages.

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