18 août 2016

Entre chiens et loups, Malorie Blackman

Dans le monde de Callum et Sephy, les noirs, les Primas, sont au pouvoir, sont les gens civilisés, tandis que les « Nihils », les blancs, sont les anciens esclaves, méprisés et cherchant leur place dans une société n’ayant d’égalitaire que le nom. Callum et Sephy ont grandi ensemble, lui un Nihil, elle une Prima, riche de surcroît. Leur amitié indéfectible s’est progressivement changée en amour, leur relation étant en permanence contrariée par leurs proches et la société tout entière : l’un des rares admis dans une école de Primas, Callum est sans cesse la cible des brimades et Sephy ne peut assumer devant les autres son opinion sur les Nihils. Elle plonge dans l’alcool tandis que Callum se retrouve embarqué dans une organisation terroriste, la milice de la libération, à la suite de son frère et de son père.

► Mon avis
C’est un scénario à la Roméo et Juliette dans un monde original, à contre-courant, ce qui était un bon point de départ. J’ai pourtant bien cru que je ne dépasserais pas les premières pages du livre : cucul, manichéen, caricatural sur le monde adolescent… J’ai malgré tout poursuivi. Le milieu du livre est « correct » et puis ça retombe et on n’y croit pas une seconde : l’alcool de Sephy, le combat militant de Callum, leur relation sur le mode « je t’aime mais c’est compliqué/je ne sais pas comment te le dire », etc. L’auteur est tombée dans deux pièges : elle a voulu faire un roman « pour les adolescents », « à leur niveau » pour les sentiments et le langage et en cela elle s’abaisse et les abaisse. En même temps elle croit bien faire en parlant des « problèmes des grands » : l’alcool, le racisme, les choix à faire, la difficulté d’assumer ses opinions quand tout le monde pense comme nous, le terrorisme et les raisons qui poussent une personne à s’y résoudre. Malheureusement la mauvaise littérature est pavée de bonnes intentions… et ça ne marche pas : ce n’est pas creusé, c’est très souvent beaucoup trop « noir contre blanc », caricatural. Enfin il est rare qu’un livre « à message » soit bon : c’est vraiment un exercice d’équilibriste et l’auteur est tombée : l’ensemble est beaucoup trop démonstratif même s’il y a ici et là quelques bons passages. La sincérité et bonne volonté de l’auteur se retournent contre elle et deviennent ses plus gros défauts.

Milan (coll. Macadam), 2005, 401 pages. VO (anglais Royaume-Uni) 2001. À partir de 14 ans. Premier tome d’une tétralogie.

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