Israël. Un jour apparemment comme un autre. Ils ont chacun leur passé, leur raison d’être là. Minute après minute, leur histoire, leur parcours, nous sont livrés. Il y a Thomas Wanninger, un Allemand de 16 ans qui arrive tout juste à Jérusalem. Il vient comme volontaire pour travailler dans un kibboutz et espère au passage apprendre la vérité sur son grand-père, nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux juifs s’apprêtent à l’accueillir : Baruch Ben Tov, jardinier passionné rescapé des camps, et Vera Brodsky, venue d’Odessa pour réinventer sa vie après le suicide de son petit ami. Il y a aussi Sameh et Omar, deux jeunes Palestiniens au sujet desquels les forces de sécurité s’interrogent. Des destins qui seront à jamais entremêlés par l’explosion d’un bus…
Chacun porte son histoire, son passé, souvent lourd, souvent douloureux. Par un savant jeu de construction narrative à chacun est aussi donnée la parole : Thomas, Baruch, Vera sont successivement les narrateurs mais aussi des parents, amis, les jeunes terroristes, un patron israélien, un médecin, un journaliste, etc. Cela hache parfois un peu trop la lecture mais permet de multiplier les points de vue avec profit : les sujets auxquels s’attelle l’auteur sont en effet complexes et délicats. Conflit israélo-palestinien mais aussi suicide, honte, secrets de famille, travail de mémoire, etc. Le prisme des différents narrateurs permet d’appréhender sans caricature cette complexité. En peu de mots le lecteur touche par exemple du doigt les motivations de Sameh, le jeune terroriste palestinien.
L’explosion du bus survient à peu près au milieu de l’ouvrage qui est donc assez nettement divisé en deux. Ce choix est à mon avis une bonne idée : même si le titre français du roman et le récit des apprentis terroristes ne laissent pas grand doute sur la façon dont l’histoire va tourner, la première partie reste porteuse d’un futur qui aurait pu être autre : il n’est donc pas ici question de fatalité. À un bus près les choses auraient pu tourner autrement et il y aurait eu malgré tout de quoi faire un livre…
Ce roman réaliste est ainsi extrêmement riche, il parle de la difficulté de vivre le présent en assumant le passé, il parle des cauchemars qui nous poursuivent, des relations familiales et d’amitié, de la part obscure que l’on porte, mais aussi des humiliations quotidiennes subies par les Palestiniens ou encore des différents façon de lire le monde. De grands sujets abordés à travers un rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine. Un exercice rare et maîtrisé, une matière précieuse pour la réflexion.
Milan, collection Macadam, 2005, 272 pages.
VO (États-Unis), Real Time, 2004.
L’explosion du bus survient à peu près au milieu de l’ouvrage qui est donc assez nettement divisé en deux. Ce choix est à mon avis une bonne idée : même si le titre français du roman et le récit des apprentis terroristes ne laissent pas grand doute sur la façon dont l’histoire va tourner, la première partie reste porteuse d’un futur qui aurait pu être autre : il n’est donc pas ici question de fatalité. À un bus près les choses auraient pu tourner autrement et il y aurait eu malgré tout de quoi faire un livre…
Ce roman réaliste est ainsi extrêmement riche, il parle de la difficulté de vivre le présent en assumant le passé, il parle des cauchemars qui nous poursuivent, des relations familiales et d’amitié, de la part obscure que l’on porte, mais aussi des humiliations quotidiennes subies par les Palestiniens ou encore des différents façon de lire le monde. De grands sujets abordés à travers un rythme soutenu qui tient le lecteur en haleine. Un exercice rare et maîtrisé, une matière précieuse pour la réflexion.
Milan, collection Macadam, 2005, 272 pages.
VO (États-Unis), Real Time, 2004.





