La vie de Frenenqer Paje, 17 ans, est le fruit des décisions de son père. Il la voulait irréprochable, elle a fait de son mieux. Mais cette existence corsetée lui pèse : elle est comme un paquet passant de la boîte « maison » à la boîte « école » en passant par la boîte « voiture ». Pas de promenade, pas de surprise, pas d’amis. Une vie réglée comme du papier à musique.
Un jour Frenenqer se surprend elle-même en prenant la défense d’un chat mal en point devant son père. Elle le ramène chez elle. Dans la nuit pourtant ce n’est pas un chat qui la réveille mais un être étrange, mi-homme mi-gargouille, avec des ailes. Rapidement ces deux-là se rapprochent, lui la Libre Créature, se transformant à loisir, sans souci des convenances ou de la pudeur, elle jeune fille curieuse, intriguée, fascinée, mais surtout apeurée de ce qui lui arrive : n’est-ce pas déroger terriblement à tout ce que lui a appris son père que de recevoir chez elle cet inconnu ? Que de voler avec lui ?
Ne vous fiez ni à la couverture (qui est selon moi horrible…) ni à la quatrième de couverture ! Ce roman peut en effet être lu par tous et dépasse largement ce qu’on pourrait en dire. Le propos n’est pas tant ce qui arrive objectivement à Frenenqer (la présence d’un garçon dans sa chambre, les escapades grâce à ses ailes) que les portes qui s’ouvrent peu à peu dans son esprit, la liberté de pensée qu’elle s’autorise peu à peu. Le facteur déclenchant, la Libre Créature, est comme les fées dans les contes : ce n’est pas lui le sujet du livre, il n’est qu’un prétexte. Le roman est donc beaucoup plus un conte, une fable qu’un roman, comme peut l’être Le Petit Prince.
Certains passages sont en outre vraiment bien écrits et bien vus, savoureux. Le tout se lit très vite et facilement. Une performance quand on sait que l’auteur l’a rédigé à 17 ans. Cette jeunesse explique cependant sans doute les défauts qui subsistent, comme la figure du père et l’image appuyée et récurrente de son doigt qui gâche malheureusement parfois la lecture.
Albin Michel jeunesse (Wiz), 2013, 332 pages.
VO (USA) 2012.
Certains passages sont en outre vraiment bien écrits et bien vus, savoureux. Le tout se lit très vite et facilement. Une performance quand on sait que l’auteur l’a rédigé à 17 ans. Cette jeunesse explique cependant sans doute les défauts qui subsistent, comme la figure du père et l’image appuyée et récurrente de son doigt qui gâche malheureusement parfois la lecture.
Albin Michel jeunesse (Wiz), 2013, 332 pages.
VO (USA) 2012.