Adélaïde Manchec n’a pas un nom facile à porter. Elle réalise rapidement que si elle veut survivre au lycée il va falloir qu’elle fasse quelque chose : ressembler aux autres. Elle s’emploie donc à baisser sa moyenne générale, se faire appeler « Adé », mâcher du chewim-gum en classe, remplacer tous les adverbes par « trop » et, surtout, s’habiller en pouffe. Elle y excelle moyennant toute une organisation et une double vie : la bande des pouffes devient la sienne...
Seul Thibault, un crac de sa classe habillé en plouc et son petit frère Rod – qui fait une fixation sur les éléphants – se doutent de quelque-chose. La vie se poursuit tranquillement entre M. Arnoux, le prof de français qu’Adé adore en secret, Anthony, le prof de sport trop beau et trop sympa ou Vomito le concierge dont tout le monde se moque.
Oui mais voilà, un tueur de « pouffe » justement se met à sévir, venu remettre un peu de morale dans cette société féminine si dépravée. Adé est menacée. Elle se lance dans l’enquête, aidée de Thibault.► Mon avis
Les thèmes sont ceux de la littérature « adolescente » : la vie lycéenne, les bandes, la mode, le conformisme, etc. Mais l’auteur se sert précisément des archétypes et des clichés de cette période pour en jouer : il réinvestit et renouvelle le genre. Cela donne un roman bourré de bonnes idées, très drôle et vivant avec – cerise sur le gâteau – un langage également très inventif. Côté policier, l’enquête est bien menée avec des pistes, des impasses, des rebondissements, etc. (même si l’on se doute un peu du coupable dès le début si l’on est attentif). Un livre réjouissant, à mettre entre toutes les mains.
Quespire éditeur, 2010, 239 pages. Prix Paris noir jeunesse 2010.
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