Marcus Yellow, lycéen de San Francisco, est passionné par les nouvelles technologies et les jeux vidéo en réseau. Il s’amuse notamment à pirater les systèmes de sécurité de son lycée, ce qui lui permet d’échapper un tant soit peu à la surveillance permanente dont les citoyens font de plus en plus l’objet. Marcus joue au chat et à la souris avec le proviseur mais lorsque le département de la sécurité intérieure s’intéresse à lui les choses le dépassent : soupçonné de complicité dans un attentat terroriste il est arrêté, interrogé, humilié. Relâché mais surveillé, Marcus décide de résister et utilise ses compétences informatiques pour fédérer autour de lui un vaste réseau. La pression de la DSI s’accentue…
Un roman hommage au 1984 de George Orwell. Le sujet est bien sûr terriblement d’actualité : on peut penser que la surveillance n’a pas atteint les proportions du livre mais on s’en approche. Il est donc intéressant d’observer à travers ce roman très réaliste les arguments des uns et des autres : les partisans de la sécurité, mus par une peur insidieuse du terrorisme, s’opposent à un principe souverain, celui du droit à la liberté individuelle. L’auteur semble avoir beaucoup travaillé son sujet ce qui donne une matière très riche à son ouvrage. Il mentionne par exemple des articles de la Constitution américaine et propose également des descriptions techniques des éléments informatiques permettant de déjouer la surveillance (en particulier Xnet). Ce faisant, il prend le lecteur au sérieux mais ne choisit par forcément la facilité : les éléments techniques ne sont en effet pas toujours faciles à lire.
C’est d’une certaine façon le point faible du livre : ce dernier ressemble parfois trop à un roman à thèse, genre toujours très périlleux. Le début en particulier m’a passablement énervée : tout ce qui concerne l’emprisonnement de Marcus est trop évidemment présenté comme la situation initiale, le traumatisme qui va déclencher tout le reste. Je n’ai pas trouvé cela très fin et n’ai pas été en outre totalement convaincue : certes Marcus se fait pipi dessus, certes il est contraint à avouer ses codes secrets, certes il est séparé de ses amis, mais je n’ai pas trouvé cela si « terrible » : d’une part par rapport à ce que la torture peut être, d’autre part au regard de la surveillance que Marcus subissait déjà (caméras omniprésentes, etc.). Du coup cette arrestation présentée comme élément déclencheur du reste m’a semblé à la fois un procédé littéraire trop voyant et un argument pas assez légitime.
Autre reproche, qui reste cependant marginal : on sent que l’auteur tient à montrer que l’on peut revendiquer la liberté individuelle sans être pour autant un terroriste. Il insiste ainsi sur la personnalité « cool » de son héros, Marcus parlant librement de sexe ou d’alcool, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des valeurs, de connaître la Constitution, etc. L’intention est louable mais les discours « non-conformistes » ont du coup tendance à être trop appuyés, trop récurrents.
Malgré ces réticences j’ai lu le livre avec beaucoup de curiosité et d’intérêt et je le conseille. L’écriture est parfois technique mais avant tout originale et l’intrigue bien menée jusqu’à la fin. Le roman est d’ailleurs vraiment dense puisqu’il y est aussi question d’amitié et de relation amoureuse. On retiendra avant tout la richesse et la précision des informations données sur les thèmes sécurité-liberté : de quoi faire réfléchir.
Pocket Jeunesse, 2012, 448 pages. VO (Canada) 2008.
C’est d’une certaine façon le point faible du livre : ce dernier ressemble parfois trop à un roman à thèse, genre toujours très périlleux. Le début en particulier m’a passablement énervée : tout ce qui concerne l’emprisonnement de Marcus est trop évidemment présenté comme la situation initiale, le traumatisme qui va déclencher tout le reste. Je n’ai pas trouvé cela très fin et n’ai pas été en outre totalement convaincue : certes Marcus se fait pipi dessus, certes il est contraint à avouer ses codes secrets, certes il est séparé de ses amis, mais je n’ai pas trouvé cela si « terrible » : d’une part par rapport à ce que la torture peut être, d’autre part au regard de la surveillance que Marcus subissait déjà (caméras omniprésentes, etc.). Du coup cette arrestation présentée comme élément déclencheur du reste m’a semblé à la fois un procédé littéraire trop voyant et un argument pas assez légitime.
Autre reproche, qui reste cependant marginal : on sent que l’auteur tient à montrer que l’on peut revendiquer la liberté individuelle sans être pour autant un terroriste. Il insiste ainsi sur la personnalité « cool » de son héros, Marcus parlant librement de sexe ou d’alcool, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des valeurs, de connaître la Constitution, etc. L’intention est louable mais les discours « non-conformistes » ont du coup tendance à être trop appuyés, trop récurrents.
Malgré ces réticences j’ai lu le livre avec beaucoup de curiosité et d’intérêt et je le conseille. L’écriture est parfois technique mais avant tout originale et l’intrigue bien menée jusqu’à la fin. Le roman est d’ailleurs vraiment dense puisqu’il y est aussi question d’amitié et de relation amoureuse. On retiendra avant tout la richesse et la précision des informations données sur les thèmes sécurité-liberté : de quoi faire réfléchir.
Pocket Jeunesse, 2012, 448 pages. VO (Canada) 2008.
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