Momo, une petite fille vagabonde, s’installe un jour dans l’amphithéâtre de la ville. Les habitants venus la voir décident de respecter son désir et de l’y laisser. Ils s’occupent de la nourrir, de l’équiper, et très vite prennent l’habitude de venir la voir régulièrement. Car Momo a une qualité très particulière : elle sait écouter.Pourtant, peu à peu, les visiteurs se font rares : des hommes en gris sont à l’œuvre, des voleurs de temps. Ils réussissent à convaincre les habitants que le temps est rare et précieux, que c’est du gâchis de le passer à voir des amis, se divertir… Chacun se met donc à travailler frénétiquement. Même les deux meilleurs amis de Momo, Gigi le conteur et Beppo le balayeur, sont contaminés. À l’aide d’une mystérieuse tortue, Momo entre en résistance…
On connaît davantage Michael Ende pour son roman L’Histoire sans fin que pour celui-ci, écrit quelques années plus tôt, en 1973. Momo est une réflexion sur le temps, sur ce qu’il est et ce que l’on en fait. L’auteur s’y livre à une critique des dérives de la société capitaliste : il s’agit d’une sorte de conte philosophique. Les « voleurs de temps » du roman ont ceci de particulier qu’ils réussissent à persuader tout le monde d’ « épargner » du temps : ce sont les habitants qui choisissent eux-mêmes de travailler de plus en plus vite, sans plus prendre la peine d’être aimables, sans plus y prendre plaisir non plus. Ils font ainsi leur propre malheur. Le thème est passionnant et intemporel et le roman n’est donc pas du tout daté. On y trouvera beaucoup de bonnes idées et les jeunes lecteurs seront poussés à se poser des questions intéressantes.
J’ai cependant été déçue en tant qu’adulte car, à partir d’un très bon sujet, je trouve que M. Ende propose un roman très manichéen et moralisateur. Manichéen car on aboutit rapidement à « la gentille Momo contre les vilains Messieurs gris », moralisateur car le message du roman est un peu trop appuyé : les amis c’est important, plus important que l’argent, le travail, etc. L’intention est louable mais le résultat bien maladroit…
Bayard jeunesse (collection « Estampille »), 2009, 431 pages. VO (Autriche) 1973.
J’ai cependant été déçue en tant qu’adulte car, à partir d’un très bon sujet, je trouve que M. Ende propose un roman très manichéen et moralisateur. Manichéen car on aboutit rapidement à « la gentille Momo contre les vilains Messieurs gris », moralisateur car le message du roman est un peu trop appuyé : les amis c’est important, plus important que l’argent, le travail, etc. L’intention est louable mais le résultat bien maladroit…
Bayard jeunesse (collection « Estampille »), 2009, 431 pages. VO (Autriche) 1973.
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