Au sortir de la Seconde Guerre mondiale l’enfance de Gaby est celle de beaucoup d’enfants : un père décédé et des conditions matérielles difficiles. Son univers est cependant bouleversé par l’arrivée d’un ancien ami de son père qui rapidement s’installe chez eux et épouse sa mère. Ce nouveau « Papa » l’appelle son « sucre d’orge » et abuse d’elle. Attouchements, violence, honte cachée font désormais le quotidien de Gaby.
C’est un roman osé et dont on ne ressort pas indemne. L’écriture est très simple et les abus sexuels côtoient l’école ou les entraînements de ping-pong. À la maison, la menace plane et Gaby est constamment sur ses gardes, de peur de se retrouver seule avec Papa. Menace omniprésente, angoissante, qui habite chacune de ses pensées et qui oppresse également le lecteur. L’auteure raconte ici un peu de sa propre enfance. Elle ne s’attarde pas sur les détails des sévices subis mais elle se fait peut-être d’autant mieux comprendre. On est à la fois très mal à l’aise et fasciné par cette mécanique implacable.
L’objet du roman est aussi le non-dit, l’isolement : Gaby a honte d’elle-même et se mure dans le silence. Sa mère ne voit rien ou se refuse à voir et ceux qui s’interrogent à son sujet préfèrent ne pas approfondir, ne pas s’immiscer dans sa vie privée. Le roman a donc le grand mérite de parler d’un sujet tabou – les abus sexuels sur mineurs étant un phénomène bien plus courant qu’on ne le pense – mais aussi de susciter, de délier la parole. Les contacts d’association comme « Allô Enfance Maltraitée » sont donnés en fin d’ouvrage.
Seuil, 2003, 149 pages. VO (Allemagne) 1992.
L’objet du roman est aussi le non-dit, l’isolement : Gaby a honte d’elle-même et se mure dans le silence. Sa mère ne voit rien ou se refuse à voir et ceux qui s’interrogent à son sujet préfèrent ne pas approfondir, ne pas s’immiscer dans sa vie privée. Le roman a donc le grand mérite de parler d’un sujet tabou – les abus sexuels sur mineurs étant un phénomène bien plus courant qu’on ne le pense – mais aussi de susciter, de délier la parole. Les contacts d’association comme « Allô Enfance Maltraitée » sont donnés en fin d’ouvrage.
Seuil, 2003, 149 pages. VO (Allemagne) 1992.
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