Un matin, au cours d’une cueillette, une femme découvre un bébé dans un panier et décide de le recueillir et de l’élever. Mais la femme n’est pas n’importe quelle femme et l’enfant pas n’importe quel enfant. Elle, est une sorcière talentueuse, lui, est hideux. Élevé seul, Tibou – c’est son nom – prend de mauvaises habitudes. Surtout, il se croit beau. La confrontation avec des enfants lui ôte toute illusion et lui met la haine au cœur. Dans son désir de vengeance il s’adresse aux djinns. Commence alors une vie de saltimbanque, une vie de fuite, entre désirs et dépits.
Un drôle de roman, très original à plusieurs points de vue. Il s’agit d’une sorte de long conte qui s’adresse aux plus grands : Tibou et Aude, rencontrée en cours de route, sont comme la Belle et la Bête, on croise aussi Hansel et Gretel, il est question de la Belle au bois dormant, de Cendrillon et de son carrosse, et de bien d’autres. L’auteur joue ainsi avec la culture commune et la réinvestit, ce qui est assez plaisant.
La forme de conte est surprenante mais peut-être plus encore l’histoire, qui est très noire. Tibou, le héros de l’histoire, est en effet méchant et antipathique pendant largement quatre cinquième du livre. Il fait le désespoir de sa mère et de son compagnon Falance par son arrogance. Certes il est laid et en souffre mais il ne dépasse jamais cette condition, il n’a par exemple aucune reconnaissance pour celle qui l’a recueilli. On pense finir le roman sans que jamais rien de bon ne sorte de lui, ce que je ne pense pas avoir vu autre part. C’est donc une réflexion très intéressante sur la condition humaine même s’il est question de sorcières et de gnomes : il s’agit de savoir que faire de ce que l’on a reçu, de ses dons et de ses défauts.
Il me semble ainsi que l’effet de ce roman peut être très fort auprès d’un lecteur adolescent en rébellion contre ses parents. Il donne l’occasion de réfléchir à ce que l’on a reçu, à son attitude, à qui l’on veut être. Une façon originale et subtile de faire passer un message. À offrir à tous les ados rebelles…
N.-B. : le livre est apparemment épuisé ce qui est bien regrettable.
Pocket jeunesse (grand format), 2006, 268 pages. VO (USA) 2005.
La forme de conte est surprenante mais peut-être plus encore l’histoire, qui est très noire. Tibou, le héros de l’histoire, est en effet méchant et antipathique pendant largement quatre cinquième du livre. Il fait le désespoir de sa mère et de son compagnon Falance par son arrogance. Certes il est laid et en souffre mais il ne dépasse jamais cette condition, il n’a par exemple aucune reconnaissance pour celle qui l’a recueilli. On pense finir le roman sans que jamais rien de bon ne sorte de lui, ce que je ne pense pas avoir vu autre part. C’est donc une réflexion très intéressante sur la condition humaine même s’il est question de sorcières et de gnomes : il s’agit de savoir que faire de ce que l’on a reçu, de ses dons et de ses défauts.
Il me semble ainsi que l’effet de ce roman peut être très fort auprès d’un lecteur adolescent en rébellion contre ses parents. Il donne l’occasion de réfléchir à ce que l’on a reçu, à son attitude, à qui l’on veut être. Une façon originale et subtile de faire passer un message. À offrir à tous les ados rebelles…
N.-B. : le livre est apparemment épuisé ce qui est bien regrettable.
Pocket jeunesse (grand format), 2006, 268 pages. VO (USA) 2005.
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