21 septembre 2016

Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zenatti

Tal a 17 ans, est israélienne et habite Jérusalem. Un attentat juste à côté de chez elle la chamboule au point qu’elle envoie un message de « l’autre côté », en espérant correspondre avec une Palestinienne. Son frère, soldat de la bande de Gaza, dépose sa bouteille et son message sur la plage. Ce ne sera pas une fille qui répondra par mail mais un garçon, « Gazaman », 20 ans, plein d’ironie mordante pour cette jeune idéaliste. Au fil de leurs échanges, des événements que vivent l’un et l’autre, chacun de leur côté, un lien se tisse.

► Mon avis
Un livre intéressant, instructif et qui sonne juste : l’auteure ne considère pas le jeune lecteur comme un idiot indifférent à la guerre, elle parvient à ne caricaturer personne, à affronter la réalité, les attentats, les échecs des accords de paix tout en laissant subsister l’espoir. Pour être honnête je dois ajouter qu’il y a des maladresses : Tal est un poil trop tragique ou trop « gnangnan » – notamment avec sa meilleure copine ou son petit copain – et Gazaman trop mystérieux. Ces réticences ne sont cependant pas ce que l’on retient : le roman se lit très rapidement, avec une tension narrative qui fonctionne très bien : on veut savoir la suite, la fin.
Sans que cela paraisse artificiel ou laborieux l’auteure a également travaillé sur la construction narrative et stylistique de son ouvrage : elle expose de manière alternée le point de vue des deux personnages via leurs mails et des incursions dans leur vie, leur pensée. Une réussite.

École des loisirs (Médium, « 12 à 16 ans »), 2005, 167 pages. 
Prix Tam-Tam/Je Bouquine (11-15 ans) 2005.

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