11 septembre 2016

La Passe-miroir, tome 1 : Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

Ophélie passe plutôt inaperçue dans sa famille : discrète, maigrichonne, maladroite, elle ne se sent chez elle qu’aux Archives où elle peut utiliser son talent de « liseuse » et remonter la mémoire des objets en les touchant. Son quotidien bascule lorsqu’on lui annonce qu’elle doit épouser un homme du Pôle, elle, une Animiste : un mariage diplomatique. Les informations sur le Grand Nord sont rares et peu rassurantes et l’arrivée de son futur venu la chercher n’est pas fait pour améliorer les choses : Thorn est immense, taciturne et lui prête peu attention. Chaperonnée par sa tante elle découvre donc la Citacielle, monde vicié où règne l’illusion. Elle y apprend rapidement que Thorn est détesté de tous et que pour sa sécurité personnelle il vaut mieux que personne ne sache qui elle est. Elle se retrouve ainsi dans les coulisses de ce monde étrange et, tandis que son caractère s’affirme, elle découvre peu à peu qu’elle est la pièce maîtresse d’un jeu qui la dépasse…

► Mon avis
Ce n’est pas l’imagination qui manque à l’auteure et on la suit avec curiosité dans ce monde qu’elle a créé et qui semble se déployer de plus en plus à chaque page. En viendra-t-elle à bout en quatre tomes comme annoncé ? Je trouve cela courageux de sa part de s’être lancée dans une aventure pareille. Pour le lecteur ce n’est pas trop difficile à suivre car les choses sont amenées habilement, progressivement : on découvre le Pôle en même temps qu’Ophélie. Les personnages ont une riche personnalité, l’intrigue est complexe mais le tout est très facile et plaisant à lire : les 500 pages défilent rapidement. Il y a des rebondissements, de l’humour, le caractère d’Ophélie s’affirme au gré des événements et l’on est curieux de savoir ce qui va lui arriver et qui se cache derrière le masque austère de Thorn. Il n’y a pas vraiment de travail sur le style mais peu de maladresses (sauf peut-être un appui un peu trop net pour montrer que Thorn pourrait être amoureux d’Ophélie). Un voyage donc qui change les idées, pas trop léger, et qui est réellement original. À noter : l’auteure fait à plusieurs reprises des allusions sexuelles qui appartiennent plutôt au registre adulte qu’adolescent. Cela surprend sans choquer : elle trace vraiment sa propre voie et on lui souhaite bon courage pour la suite.

Gallimard jeunesse, 2013, 528 pages. Lauréat du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL. À partir de 12 ans.

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